Il y a deux jours, le 5 aout 2014, j'ai mis sur Facebook un petit texte répondant aux interrogations : "pourquoi t'engages-tu ainsi sur les réseaux sociaux ?" J'ai tenté d'y répondre en réfléchissant à mon cheminement personnel et à mon grand étonnement ce texte a suscité 59 "partages" et 62 "j'aime".
Je le dépose ici afin de pouvoir le mettre à jour si nécessaire;
Et je dédie ce texte à Naïm Khader. Nous sommes nés la même année. Nous nous sommes bien connus à l'UCL à Leuven. Il aurait eu 75 ans à la fin de cette année 2014.
Naïm Khader, né le 30 décembre 1939 à Zababdeh, près de Jénine (Palestine), et mort (assassiné par balles, en rue, devant son domicile) le 1er juin 1981 à Ixelles (Bruxelles), est un intellectuel palestinien chrétien, premier représentant de l’OLP auprès des autorités belges et européennes.
Pourquoi j'interviens sur les réseaux sociaux
"pour une paix juste et durable"
au Proche-Orient.
On me demande souvent pourquoi je suis aussi attentif à ce qui se passe
entre Méditerranée et Jourdain, en insistant pour que tous les
habitants soient considérés au même niveau (Palestiniens, Juifs,
Bédouins, Maronites, Druzes…)
Comme beaucoup de mes amis, en particulier ceux d’éducation chrétienne, j’ai fait tout un cheminement.
Après la guerre 40-45 ma génération a éprouvé beaucoup de sympathie
pour les Juifs, les « Israélites » comme on disait à l’époque. Nous nous
sommes enthousiasmés pour l’odyssée de l’Exodus en 1947, les
communautés des kibboutzim, les sabras, les jeunes filles en short, le
travail de la terre, les danses et les musiques israéliennes… Plusieurs
amis sont allés dans des kibboutzim. J’ai acheté vers 1957 un petit
livre « Hebrew reader » pour faire l’apprentissage de l’écriture et des
mots élémentaires. J’ai même suivi un an d’hébreu biblique et appris par
cœur le début de la Genèse en hébreu, le Shema Israel pour le murmurer à
la mort d'amis juifs.
J’ai lu avec avidité le livre Exodus de Léon
Uris paru en 1958 et regardé dans la saga d'Otto Preminger les beaux
Paul Newman et Eva-Marie Saint sauver un orphelinat des vilains Arabes
soutenus par des nazis. C'est la plus belle réussite du zélitisme
israélien, le triomphe des lobbies juifs. J’ai tout avalé.
En 1958,
j’ai écrit aux organisateurs du pavillon d’Israël à l’exposition
universelle de Bruxelles pour dire mon enthousiasme pour leur
présentation de leur pays. « De l’eau jaillissant dans la steppe » selon
le cri d’Isaie. On me parlait de terre inculte rendue à la vie. « Un
peuple sans terre pour une terre sans peuple ».
Mais petit à petit le doute m’est venu.
Cette terre n’était pas vide. Les Arabes n’étaient pas tous des bergers
ou des pillards nomades sans attache à leur terroir ancestral. L’eau
qui jaillissait dans le désert était prise à d’autres. Il y avait une
bataille autour des ressources, du Jourdain, des nappes aquifères. Et
j’ai eu le sentiment puissant que je m’étais « fait rouler » par une
propagande redoutablement efficace.
On m’a fait croire que de leur
plein gré 800.000 Palestiniens avaient abandonné leur maison pour des
vacances à Gaza, à Naplouse, au Liban ou en Jordanie. Le temps que les
troubles se terminent. Que leurs villages vétustes avaient été nettoyés
parce qu’ils n’étaient pas assez modernes. Que les immigrants juifs
allaient apporter la civilisation dans ces lieux qui n’avaient pas de
passé culturel depuis 2000 ans. On m’a fait croire, on nous a fait
croire.
Et j’ai lu et relu sur l’histoire réelle de cet espace entre
Méditerranée et Jourdain. J’ai étudié les travaux des historiens et des
archéologues. Je suis allé deux fois en Israël-Palestine. Sur la digue
de Tel-Aviv, au restaurant à Jaffa, … Je me suis recueilli devant le Mur
des Lamentations, j’ai vécu une messe au Saint-Sépulchre,une autre vers
5h à Bethléem, un office du matin à 6 heures chez les Arméniens, une
messe d'onze heures à Naplouse, partagé sur le rocher du Mont du Temple
la prière de Musulmans frères en Abraham, parlé avec des Druzes, des
Maronites, dormi dans un camp de réfugiés à Bethléem, … J’ai mis les
pieds dans la mer de Galilée '(mes amies ont nagé), cheminé à
Capharnaüm, dormi dans les draps blancs des religieuses du Mont des
Béatitudes… J’ai participé à une fête scolaire à Qalqilia, visité un
village maronite du Nord détruit maison par maison, marché dans le
Golan, en Syrie occupée… J’ai été honteux pour les juifs qui souillent
les rues d’Hébron en jetant des ordures dans la grand-rue. J’ai
rencontré des refuzniks…
A Naplouse j’ai vu l’arbitraire des
gardiens de check-points qui bloquaient pendant des heures des
Palestiniens à l’entrée de la ville, des jeunes conscrits de 18 ans qui
marquaient leur arrogance dominatrice envers des vieillards. J’ai eu
honte. J’ai eu dans les reins la mitraillette d’un soldat, j’ai été mis
en joue à partir d’une tour de béton. Ce sentiment je ne l’avais vécu
que pendant la guerre les Allemands me faisaient descendre du tram avec
ma maman et ma sœur, et alignaient les hommes, bras en l’air, contre une
façade au carrefour de la Chasse à Etterbeek.
Je suis présent sur
les réseaux sociaux parce qu’il faut rétablir la vérité, permettre aux
Palestiniens d’être sur un pied d’égalité avec les Israéliens.
C’est mon affaire parce que la Belgique a voté à l’ONU en 1947 pour une
division de la Terre de Canaan. Une structure à dominante juive, une
arabe et une supervision internationale pour la zone des lieux saints.
Mais l’ONU a un très mauvais service après-vente. Je défends le droit
international, les résolutions de l’ONU, les conventions de Genève, …
Puisqu’on l’a voté je défends l’existence de l’État d’Israël qui a
comme intérêt d’avoir un pays qui garantit entre autres la pérennité de
la tradition juive, une tradition dont je suis issu. Et qui dans la
conjoncture actuelle pourrait être une zone de sécurité dans un
Proche-Orient troublé.
Rationnellement je suis pour une solution à
un pays. D’abord parce que les traditions juive, arabe, chrétienne,
laïque, … sont étroitement imbriquées. Ensuite parce que ma lecture de
la Bible et ma lecture de l’histoire, renouvelée par l’archéologie, me
montre que cette terre a toujours été multiculturelle (je pense à la
"Galilée des Nations", à la ville romaine proche de Nazareth. Terre de
tout temps multiconvictionnelle même s’il y a eu pendant longtemps la
tentation de la "purification", du "nettoyage", ou de "l’allègement" «
ethnique ». Jéricho annihilée en ne préservant que Rahab l’espionne de
Josué (je pense à tous les espions-traitres de l'armée israélienne à
Gaza et ailleurs, la légende de Samson écrasant les Philistins en
écartant les colonnes de leur Temple. Oui c'était déjà à Gaza.
Il y a eu aussi les guerres incessantes avec les Philistins, les Amalécites, les
Romains, l'interdiction de mariage avec des étrangères… Les politiques
gouvernementales ont rendu impossible actuellement la solution à un
pays. Il faudra donc une solution à deux pays en espérant que la
complémentarité commerciale, technique, culturelle, … tisse de nouveaux
liens de confiance. Et pourquoi pas dans un deuxième temps une
confédération ?
Voilà. Hier 4 aout 2014 j’ai regardé à la TV les
commémorations de l’entrée dans la guerre 14-18. J’ai admiré le
président allemand qui regrettait les exactions de l’armée allemande
mais qui remerciaient les Belges, entre autres, d’avoir offert leur
amitié dès 1945. Pas comme en 1918-1919 où on avait continué la guerre.
Je pense que si quelques mois après la terrible guerre que j'ai vécue,
Allemands, Belges et Français se sont retrouvés, en particulier au Feu
de Pentecôte de Foy-Notre -Dame, alors je sais qu’une réconciliation est
possible et indispensable entre tous ceux qui vivent entre Méditerranée
et Jourdain. Après avoir sonné l’alerte, les médias sociaux peuvent
aider à retisser des liens.
jeudi 7 août 2014
mardi 5 août 2014
Pourquoi je m'engage pour une paix juste et durable au Proche-Orient
On me
demande souvent pourquoi je suis aussi attentif à ce qui se passe entre
Méditerranée et Jourdain, en insistant pour que tous les habitants soient
considérés au même niveau (Palestiniens, Juifs, Bédouins, Maronites, Druzes…)
Comme
beaucoup de mes amis, en particulier ceux d’éducation chrétienne, j’ai fait
tout un cheminement. Après la guerre 40-45 ma génération a éprouvé beaucoup de
sympathie pour les Juifs, les « Israélites » comme on disait à
l’époque. Nous nous sommes enthousiasmés pour l’odyssée de l’Exodus, les
communautés des kibboutzim, les sabras, les jeunes filles en short, le travail
de la terre, les danses et les musiques israéliennes… Plusieurs amis sont allés
dans des kibboutzim. Vers 1957 j’ai acheté un petit livre « Hebrew
reader » pour faire l’apprentissage de l’écriture et des mots
élémentaires. J’ai même suivi un an d’hébreu biblique et appris par cœur le
début de la Genèse en hébreu.
J’ai lu
avec avidité le livre Exodus de Léon Uris paru en 1958 et regardé les beaux
Paul Newman et Eva-Marie Saint sauver un orphelinat des vilains Arabes soutenus
par des nazis. J’ai tout avalé.
En 1958,
j’ai écrit aux organisateurs du pavillon d’Israël à l’exposition universelle de
Bruxelles pour dire mon enthousiasme pour leur présentation. « De l’eau
jaillissant dans la steppe » selon le cri d’Isaïe. On me parlait de terre
inculte rendue à la vie. « Un
peuple sans terre pour une terre sans peuple ».
Mais
petit à petit le doute m’est venu.
Cette terre n’était pas vide. Les Arabes n’étaient pas tous
des bergers ou des pillards nomades sans attache à leur terroir ancestral.
L’eau qui jaillissait dans le désert était prise à d’autres. Il y avait une
bataille autour des ressources, du Jourdain, des nappes aquifères. Et j’ai eu
le sentiment puissant que je m’étais « fait rouler » par une
propagande redoutablement efficace.
On m’a
fait croire que de leur plein gré 800.000 Palestiniens avaient abandonné leur
maison pour des vacances à Gaza, à Naplouse, au Liban ou en Jordanie. Le temps
que les troubles se terminent. Que leurs villages vétustes avaient été nettoyés
parce qu’ils n’étaient pas assez modernes. Que les immigrants juifs allaient
apporter la civilisation dans ces lieux qui n’avaient pas de passé culturel
depuis 2000 ans. On m’a fait croire, on nous a fait croire.
Et j’ai
lu et relu sur l’histoire réelle de cet espace entre Méditerranée et Jourdain.
J’ai étudié les travaux des historiens et des archéologues. Je suis allé deux
fois en Israël-Palestine. Sur la digue de Tel-Aviv, au restaurant à Jaffa, … Je
me suis recueilli devant le Mur des Lamentations, j’ai vécu une messe au Saint-Sépulcre,
un office du matin à 6 heures chez les Arméniens, partagé sur le rocher du Mont
du Temple la prière de Musulmans frères en Abraham, parlé avec des Druzes, des
Maronites, dormi dans un camp de réfugiés à Bethléem, … J’ai mis les pieds dans
la mer de Galilée, cheminé à Capharnaüm, dormi dans les draps blancs des
religieuses du Mont des Béatitudes… J’ai participé à une fête scolaire à
Qalqilia, visité un village maronite du Nord détruit maison par maison, j’ai marché
dans le Golan, en Syrie occupée… J’ai été honteux pour les juifs qui souillent
les rues d’Hébron en jetant des ordures dans la grand-rue. J’ai rencontré des
refuzniks…
À
Naplouse j’ai vu l’arbitraire des gardiens de check-points qui bloquaient
pendant des heures des Palestiniens à l’entrée de la ville, des jeunes
conscrits de 18 ans qui marquaient leur arrogance dominatrice envers des
vieillards. J’ai eu honte. J’ai senti dans les reins la mitraillette d’un
soldat, j’ai été mis en joue à partir d’une tour de béton. Ce sentiment je ne
l’avais vécu que pendant la guerre les Allemands me faisaient descendre du tram
avec ma maman et ma sœur, et alignaient les hommes, bras en l’air, contre une
façade au carrefour de la Chasse à Etterbeek-Bruxelles.
Je suis
présent sur les réseaux sociaux parce qu’il faut rétablir la vérité, permettre
aux Palestiniens d’être sur un pied d’égalité avec les Israéliens.
C’est mon
affaire parce que la Belgique a voté à l’ONU en 1947 pour une division de la
Terre de Canaan. Une structure à dominante juive, une arabe et une supervision
internationale pour la zone des lieux saints. Mais l’ONU a un très mauvais
service après-vente. Je défends le droit international, les résolutions de
l’ONU, les conventions de Genève, …
Puisqu’on
l’a voté je défends l’existence de l’Etat d’Israël qui a comme intérêt d’avoir
un pays qui garantit entre autres la pérennité de la tradition juive. Et qui
dans la conjoncture actuelle pourrait être une zone de sécurité dans un
Proche-Orient troublé.
Rationnellement
je suis pour une solution à un pays. D’abord parce que les traditions juive,
arabe, chrétienne, laïque, … sont étroitement imbriquées. Ensuite parce que ma
lecture de la Bible et ma lecture de l’histoire, renouvelée par l’archéologie,
me montre que cette terre a toujours été multiculturelle. Même s’il y a eu
pendant longtemps la tentation de la purification, du nettoyage, ou de
l’allègement « ethnique ». Jéricho annihilée en préservant Rahab
l’espionne de Josué, la légende de Samson, l’obligation d’abandonner les
épouses légitimes qui seraient non juives, les guerres incessantes avec les
Philistins, les Amalécites, les Romains… Les politiques gouvernementales ont
rendu impossible actuellement la solution à un pays. Il faudra donc une
solution à deux pays en espérant que la complémentarité commerciale, technique,
culturelle, … tisse de nouveaux liens de confiance. Et pourquoi pas dans un
deuxième temps une confédération ?
Voilà.
Hier 4 aout 2014 j’ai regardé à la TV les commémorations de l’entrée dans la
guerre 14-18. J’ai admiré le président allemand qui regrettait les exactions de
l’armée allemande mais qui remerciaient les Belges, entre autres, d’avoir
offert leur amitié dès 1945. Pas comme en 1918-1919 où on avait continué la
guerre. Je pense qu’une réconciliation est possible et indispensable entre tous
ceux qui vivent entre Méditerranée et Jourdain. Après avoir sonné l’alerte, les
médias sociaux peuvent aider à retisser des liens.
Amin Maalouf parle de l'immigration juive
Quand les Arabes ont compris que l'immigration juive n'était pas le fait
de quelques groupes de réfugiés, mais qu'il s'agissait d'une entreprise
organisée visant à s'approprier le pays, ils ont réagi comme l'aurait
fait n'importe quelle population : en prenant les armes pour
l'empêcher. Mais ils se sont fait battre.(...) Chaque fois qu'il y a
eu un affrontement, ils se sont fait battre. Je n’arrive plus à compter
le nombre des défaites qu'ils ont déjà subies. Ce qui est certain,
c'est que cette succession de débâcles a progressivement déséquilibré le
monde arabe, puis l'ensemble du monde musulman. Déséquilibré au sens
politique, et aussi au sens clinique. On ne sort pas indemne d'une
série d'humiliations publiques. Tous les Arabes portent les traces d'un
traumatisme profond, et je ne m'exclus pas du lot. Mais ce traumatisme
arabe, lorsqu’on le contemple à partir de l'autre rive, la rive
européenne, ma rive adoptive, ne suscite que l'incompréhension et la
suspicion." Amin Maalouf, Les désorientés
Cité sur Facebook par Bernard Devos
autour de Gaza
Cité sur Facebook par Bernard Devos
autour de Gaza
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Juifs,
les Désorientés,
Musulman,
Palestine
samedi 2 août 2014
Publié sur Facebook le 2 aout 2014. Gaza, pourquoi cette violence ?
Quand
j'étais jeune, je me demandais comment une nation aussi intelligente
que celle d'Allemagne avait pu se rassembler sous le drapeau de
l'extrême-droite nazie. Comment avaient-ils applaudi des conquêtes et
des destructions ? Je vois aujourd'hui comment des gens aussi
intelligents que les Israéliens peuvent adhérer à une violence aussi peu
justifiable que celle d'aujourd'hui. Un soldat a disparu
au cours d'un engagement armé. A tout hasard on accuse le Hamas de
kidnapping (comme si c'était un enfant) et on tue cent Palestiniens, on
détruit une Université, une école catholique, des logements, ...Et parce
que la procédure en cas de disparition est de déclencher une grande
pagaille par des frappes sévères. A tout hasard. Tout avait commencé par
la disparition de 3 colons. On a fait semblant de les chercher. Et à
tout hasard on a emprisonné 300 Palestiniens, menacé Gaza et suscité des
lancements de roquettes (rarissimes depuis des années). Si le but final
est la préservation de l'Israël accepté par l'ONU en 1947, alors il
faut une paix durable avec tous les habitants de la région.
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lundi 28 juillet 2014
Je reprends mon blog après les manifestations pour Gaza. Bruxelles 27 juillet 2014
Après les manifestations d'hier, je voulais mettre quelques photos et réactions. Je relance donc ce blog qui tente d'être équilibré.
Je vais faire un peu le ménage dans ce blog car d'autres thèmes s'y sont mêlés.
Je vais faire un peu le ménage dans ce blog car d'autres thèmes s'y sont mêlés.
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